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Des êtres vivants dans votre jardin

Depuis l’apparition de la vie sur Terre, les êtres-vivant luttent pour leur survie et la dissémination de leurs gènes. Se reproduire pour conquérir de nouveaux espaces est une stratégie particulièrement prisée ! C’est une compétition permanente, où chaque espèce trouve de nouvelles armes pour évincer les autres. La Nature étant bien faite, lorsqu’elle n’est pas perturbée, l’équilibre règne et rares sont les plantes qui prennent le pouvoir absolu. Mais lorsque l’Homme y met le bout de son nez… les conséquences peuvent être irréversibles.

Les envahisseurs sont là

Chez les plantes comme chez les animaux, les introductions d’espèces « exotiques » peuvent être désastreuses : les écrevisses américaines ont ramené la peste qui a décimé les écrevisses à pattes blanches ; elles survivent à grand peine dans nos cours d’eau. L’ambroisie à feuilles d’armoise suscite, elle, des allergies chez un grand nombre d’entre nous, générant un coût important en Auvergne-Rhône-Alpes. Et oui, les envahisseurs sont là, parfois sous votre nez, dans votre jardin ! Alors comment les reconnaître ? Zoom sur 4 des 14 espèces de la liste noire du Pays de Gex.

Solidage géant du Canada

Je suis nord-américaine. On m’appelle aussi la verge d’or du Canada. Je peux mesurer de 25 à 150 cm. Du genre velu, avec mes fleurs jaunes qui apparaissent entre juillet et septembre je fourni du nectar aux insectes pollinisateurs. Mais là où je me trouve, rien ne vient me détrôner au bord des chemins, des routes, des lisières ou dans les zones humides : plus aucune plantes indigènes, les arbres ont du mal à repousser.
Ma stratégie ? Pas folle la verge ! J’utilise le vent et le surnombre de mes graines (jusqu’à 19’000 par individu et par an) pour m’installer sur le secteur.
Que faire ? M’arracher ou me faucher une première fois juste avant floraison (début juillet), et recommencer à l’automne si j’ai repoussé. Et ceci successivement pendant 2 à 5 années. N’hésitez pas à me remplacer dans votre jardin par d’autres plantes colorées qui fleuriront également à la fin de l’été comme les dahlias ou les chrysanthèmes.
Source: Wikipédia
Source: Wikipédia

Renouées du Japon et de Sakhaline

Venues en force des quatre coins d’Asie, nous avons su apprivoiser les pollinisateurs d’Europe avec nos petites fleurs blanches apparaissant à la fin de l’été, une période où les autres fleurs se font rares. Mais notre redoutable stratégie repose surtout sur la multiplication végétative : le moindre de nos morceaux, laissé dans le sol après arrachage, se fera le devoir de redonner une nouvelle plante, ne vous laissant que peu de chance de nous faire disparaître. C’est comme cela que de jardins en berges de cours d’eau, de talus de routes en voies ferrées, nous faisons notre bonhomme de chemin tel un tsunami immergeant plantes indigènes.
Que faire ? Le mieux reste encore de ne pas y toucher, pour ne pas faciliter leur dispersion. Alertez les services techniques de commune et la CCPG : gmn@ccpg.fr

Buddleia de David

Ah, la Chine, exotique pays aux mille merveilles floristiques d’où je viens, moi, le magique « arbre à papillon » ! Mes fleurs attirent de fin juin à début octobre tous types de papillons dans vos jardins. Mais si les adultes y trouvent nourriture en abondance, les chenilles n’ont rien à manger… elles ne peuvent s’alimenter que sur d’autres plantes autochtones, que je supplante hélas dans leurs milieux naturels. Le long des cours d’eau, je favorise les érosions de berges et prend la place des aulnes et des saules. Le castor ne trouvant alors plus arbrisseaux à guise, pour répondre à sa faim, s’attaque aux plus gros gabarits et abat peu à peu les plus vieux arbres qui apportaient sagesse et ombrage à nos torrents. Je pousse de jardin en rivières et de friches en bords de routes, où je ne trouve pas de compétiteur à ma mesure ; me laissant loisir d’attirer les papillons par une promesse non tenue.
Que faire ? Me couper et me remplacer par d’autres arbustes aux inflorescences colorées et odorantes, comme le lilas ou le lagerstroemia ! Si vous souhaitez me garder sur votre terrain, pensez à couper mes inflorescences dès qu’elles commencent à faner, pour ne pas me laisser le temps de disséminer mes graines.
Source: Wikipédia
Source: Wikipédia

Capricorne asiatique

À la fin de l’été 2016, la découverte fortuite d’un spécimen de capricorne asiatique a conduit à la mise en place, par arrêté préfectoral, de mesures de lutte et de surveillance sur la commune de Divonne-les-Bains. En a résulté l’obligation de réaliser une surveillance intensive de tous les végétaux des espèces sensibles pendant une durée minimale de quatre ans et d'utiliser exclusivement la déchetterie de Divonne-les-Bains pour tous les déchets verts. Pour plus d'informations :
http://www.ain.gouv.fr/lutte-contre-le-capricorne-asiatique-des-mesures-a4592.html