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Des envahisseurs dans votre jardin

  • Mis à jour : 5 juin 2015

Depuis l’apparition de la vie sur Terre, les êtres-vivant luttent pour leur survie et la dissémination de
leurs gènes. Se reproduire pour conquérir de nouveaux espaces est une stratégie particulièrement
prisée ! C’est une compétition permanente, où chaque espèce trouve de nouvelles armes pour évincer
les autres. La Nature étant bien faite, lorsqu’elle n’est pas perturbée, l’équilibre règne et rares sont
les plantes qui prennent le pouvoir absolu. Mais lorsque l’Homme y met le bout de son nez… les
conséquences peuvent être irréversibles.

Les envahisseurs sont là

Chez les plantes comme chez les animaux, les introductions d’espèces « exotiques » peuvent être
désastreuses : les écrevisses américaines ont ramené la peste qui a décimé les écrevisses à pattes
blanches ; elles survivent à grand peine dans nos cours d’eau. L’ambroisie à feuilles d’armoise suscite,
elle, des allergies chez un grand nombre d’entre nous, générant un coût estimé pour la santé publique
en 2012, en Rhône-Alpes, de 11,7 à 16,3 millions d’euros !
Et oui, les envahisseurs sont là, parfois sous votre nez, dans votre jardin ! Alors comment les
reconnaître ? Zoom sur 4 des 14 espèces de la liste noire du Pays de Gex.

Solidage géant du Canada


Je suis nord-américaine. On m’appelle aussi la verge d’or du Canada. Je peux mesurer de 25 à 150
cm. Du genre velu, avec mes fleurs jaunes qui apparaissent entre juillet et septembre je fourni du
nectar aux insectes pollinisateurs.
Mais là où je me trouve, rien ne vient me détrôner au bord des chemins, des routes, des lisières ou
dans les zones humides : plus aucune plantes indigènes, les arbres ont du mal à repousser.

Ma stratégie ? Pas folle la verge ! J’utilise le vent et le surnombre de mes graines (jusqu’à 19’000 par
individu et par an) pour m’installer sur le secteur.

Que faire ? M’arracher ou me faucher une première fois juste avant floraison (début juillet), et
recommencer à l’automne si j’ai repoussé. Et ceci successivement pendant 2 à 5 années. N’hésitez
pas à me remplacer dans votre jardin par d’autres plantes colorées qui fleuriront également à la fin
de l’été comme les dahlias ou les chrysanthèmes.

Renouées du Japon et de Sakhaline


Venues en force des quatre coins d’Asie, nous avons su apprivoiser les pollinisateurs d’Europe avec
nos petites fleurs blanches apparaissant à la fin de l’été, une période où les autres fleurs se font rares.
Mais notre redoutable stratégie repose surtout sur la multiplication végétative : le moindre de nos
morceaux, laissé dans le sol après arrachage, se fera le devoir de redonner une nouvelle plante, ne
vous laissant que peu de chance de nous faire disparaître. C’est comme cela que de jardins en berges
de cours d’eau, de talus de routes en voies ferrées, nous faisons notre bonhomme de chemin tel un
tsunami immergeant plantes indigènes.

Que faire ? Le mieux reste encore de ne pas y toucher, pour ne pas faciliter leur dispersion. Alertez
les services techniques de commune et la CCPG : gmn ccpg.fr

Buddleia de David


Ah, la Chine, exotique pays aux milles merveilles floristiques d’où je viens, moi, le magique « arbre à
papillon » ! Mes fleurs attirent de fin juin à début octobre tous types de papillons dans vos jardins.
Mais si les adultes y trouvent nourriture en abondance, les chenilles n’ont rien à manger… elles ne
peuvent s’alimenter que sur d’autres plantes autochtones, que je supplante hélas dans leurs milieux
naturels. Le long des cours d’eau, je favorise les érosions de berges et prend la place des aulnes et
des saules. Le castor ne trouvant alors plus arbrisseaux à guise, pour répondre à sa faim, s’attaque
aux plus gros gabarits et abat peu à peu les plus vieux arbres qui apportaient sagesse et ombrage à
nos torrents. Je pousse de jardin en rivières et de friches en bords de routes, où je ne trouve pas de
compétiteur à ma mesure ; me laissant loisirs d’attirer les papillons par une promesse non tenue.

Que faire ? Me couper et me remplacer par d’autres arbustes aux inflorescences colorées et
odorantes, comme le lilas ou le lagerstroemia ! Si vous souhaitez me garder sur votre terrain, pensez
à couper mes inflorescences dès qu’elles commencent à faner, pour ne pas me laisser le temps de
disséminer mes graines.

Ambroisie à feuilles d’armoise


Arrivée d’Amérique du nord dans un lot de fourrage au 19° siècle, je me suis de suite sentie à l’aise
sur l’ancien continent. J’aime bien prévenir de ma présence dès le mois d’août avec mes petites fleurs
vertes et mes feuilles découpées. Grâce à mon fin pollen allergisant pour vous, les humains, vous
bénéficiez d’une large palette de désagréments sanitaires : rhume des foins, otites, rhinites, asthme,
urticaire, eczéma. Je prends ma place dans les champs et tant pis si cela diminue la qualité des
récoltes.
Pour ma multiplication, mes 3’000 graines par pied se disséminent assez facilement : les crues, le
vent, les activités humaines (déplacements de terres infestées, matériels agricoles). Et puis j’ai le
temps, chacune de mes graines peut germer pendant 40 ans. Pas belle l’invasion ?!

Que faire ? Classée nuisible pour l’Homme, il est obligatoire de m’arracher avant que je ne fleurisse.
Facile, mes racines ne sont pas profondes ; mais pensez à mettre des gants (et un masque si quelquesunes
de mes fleurs sont déjà là) ! Attention à ne pas me confondre avec l’armoise commune (dont le
dessous des feuilles est blanc) ou l’armoise annuelle (dont l’odeur des feuilles froissées est très forte).
Si vous me voyez, prévenez les services techniques de la commune ainsi que la CCPG (gmn ccpg.fr),
cela leur permettra d’intervenir.

Service de Gestion des milieux naturels de la CCPG